« La femme est un collaborateur comme les autres »

Comment aller vers un vrai métier de co-direction de l’entreprise, où seront reconnus l’appui et la complémentarité qu’apporte l’épouse de l’artisan à son conjoint ?

Cette question centrale, posée par la sociologue Marion Polge lors de cette table ronde (CAPEB), se situe dans le contexte plus large des enjeux de la condition féminine aujourd’hui : émancipées depuis quelques décennies seulement de la tutelle paternelle et maritale, les femmes aspirent à tenir un rôle de responsabilité dans l’entreprise ; elles veulent que soient valorisées comme telles, culturellement et qualitativement, leur expertise, leur implication. Elles doivent dès lors se forger une véritable « identité métier » qui affirme la valeur de leur travail. Le chemin vers cet horizon vient de loin, comme en témoigne la conjointe d’un artisan qui a épousé celui-ci en 1977 et ne s’est jamais préoccupée de son statut ou d’un éventuel salaire. Il aura fallu les années 90 pour qu’elle soit salariée à mi-temps puis que son fils reprenne l’entreprise en 2000 pour qu’elle devienne cadre dirigeant, alors que depuis longtemps elle en assumait toutes les responsabilités… Certes, le législateur a imposé en 2005 de choisir entre plusieurs statuts – conjoint collaborateur, associé ou salarié — mais l’essentiel est peut-être devant nous : à savoir un changement d’image suffisamment important pour que les jeunes épouses aient envie de venir travailler au côté de leur mari. Car ce n’est plus la règle : ce que femme veut aujourd’hui, c’est un métier où elle se sente reconnue et qui lui apporte son indépendance financière. Etre à la fois conjointe d’artisan et collaboratrice à part entière est plus que jamais un vrai projet de couple.

L’atelier « Quelle place pour les femmes de l’artisanat en 2025» des Journées de la Construction (Capeb), animé par la Sociologue Marion Polge (Université Montpellier I), a réuni Jacqueline Cottier, Commission Nationale des Agricultrices (FNSEA), Vice-présidente, Sophie Genairon, Juriste à l’APCE.

Voir sur le même sujet : Quel statut pour la femme d’artisan

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