Financer son cycle d’exploitation

Pour gagner de l’argent, il faut aussi investir. Les chefs d’entreprise le savent bien et jonglent avec les factures en attendant de toucher les recettes des ventes de leurs produits ou services. Heureusement, de nombreuses solutions existent pour financer sereinement son cycle d’exploitation et préserver la santé financière de son affaire.

Le cycle d’exploitation : définition

Le cycle d’exploitation est constitué de l’ensemble des opérations récurrentes qui forment l’activité de l’entreprise. Englobant l’achat de matières premières, le stockage, la fabrication, la transformation, la livraison, la distribution et l’encaissement, ce cycle est plus ou moins long selon les activités de l’entreprise. Celle-ci doit donc d’abord financer toutes les étapes du cycle d’exploitation et payer ses charges avant de toucher le produit de la vente de ses produits. Ce décalage dans le temps entre les encaissements et les décaissements est au cœur des préoccupations de tous les chefs d’entreprise. Idéalement, il est financé grâce au fonds de roulement (FR). Le fonds de roulement est la valeur des ressources durables de l’entreprise (fonds propres et emprunts) diminuée de celle des actifs immobilisés (fonds de commerce, équipements…). Dans la pratique, les entreprises ont très souvent recours à des solutions bancaires pour financer leur cycle d’exploitation.

Le cycle d’exploitation est plus ou moins long selon les activités de l’entreprise.

L’enjeu est très clair, il s’agit d’avoir suffisamment de trésorerie pour financer les besoins suivants :

  • les créances clients (les factures en attente de règlement) ;
  • les autres créances (TVA, CICE…) ;
  • les salaires et charges sociales ;
  • les stocks et les campagnes ;
  • les situations de travaux ;
  • les investissements en recherche et développement.

Pour cela, l’entreprise dispose de ses fonds propres et des financements bancaires adaptés à ses besoins. L’expression « fonds propres » désigne les ressources financières durables qui appartiennent à l’entreprise. En voici les principales :

  • le capital social : l’argent et les biens apportés à la création de l’entreprise et lors des augmentations éventuelles de capital ;
  • la réserve légale : les SARL et les SA ont l’obligation d’affecter une partie de leurs bénéfices à un compte de réserve légale. Cette somme doit représenter au minimum 5 % par an jusqu’à ce qu’elle atteigne 10 % du pourcentage du capital de la société ;
  • les autres types de réserves : statutaires, facultatives… ;
  • le report à nouveau : le cumul des bénéfices des années antérieures non distribués et non mis en réserve ;
  • les subventions d’investissement. Les comptes courants bloqués sont considérés comme des quasi-fonds propres.

Cependant, les fonds propres doivent être utilisés avec parcimonie. L’entreprise doit absolument les préserver pour rester en bonne santé financière et faire face aux aléas de la conjoncture. En outre, lorsque la société a besoin d’obtenir un crédit, il est essentiel qu’elle dispose de fonds propres suffisants, des résultats déficitaires diminuant d’autant les fonds propres. Plus les cycles de production sont longs (pour les entreprises artisanales de fabrication par exemple) et plus il faut de fonds propres.

Des fonds propres importants sont le gage d’une solidité financière de l’entreprise.

À découvrir
A savoir
Le capital social est composé de deux types d’apports : en nature (dont le montant devra être évalué par un commissaire aux apports) et en numéraire. Il existe également l’apport en industrie. Celui-ci ne fait toutefois pas partie du capital social, il permet simplement de disposer de parts sociales de l’entreprise.

Les solutions

Il existe des solutions bancaires souples qui s’adaptent aux cycles d’exploitation de votre entreprise et qui permettent de financer les besoins en attendant les encaissements (lire aussi « Préserver ou reconstituer sa trésorerie » lien besoin 8).

  • Affacturage : on cède le poste client et son financement à un organisme spécialisé. L’entreprise confie ses créances clients (factures) à un factor, qui va les lui régler immédiatement par anticipation. Ce dernier se charge ensuite de leur gestion et de leur recouvrement éventuel. L’entreprise peut également être assurée en cas d’impayés. Il existe aussi des offres qui proposent uniquement le règlement anticipé des créances, afin que les débiteurs n’aient pas connaissance du recours à l’affacturage.
  • Facilités de caisse : cette solution est une tolérance de la banque pour répondre à des décalages passagers de trésorerie. La banque honore les paiements effectués par le client. En échange, elle lui facture des intérêts, les agios, en fonction des montants empruntés, de la durée du découvert et de son utilisation. En général, il est prévu que le compte doit redevenir créditeur un certain nombre de jours par mois ou trimestre (souvent 15 jours par mois). Son montant est déterminé en fonction des besoins d’exploitation. Les agios sont prélevés trimestriellement.
  • Autorisation de découvert : au-delà d’un besoin ponctuel de trésorerie, lorsque le besoin de crédit devient persistant, il est plutôt envisagé la mise en place d’une autorisation de découvert. Celui-ci concerne les entreprises qui ont un cycle d’exploitation long. Cette solution est formalisée et fait l’objet d’un contrat avec la banque.
  • Escompte bancaire classique : l’entreprise cède un effet de commerce à sa banque, en échange d’une avance de trésorerie immédiate. La banque ne rachète pas la créance, mais verse au créancier une somme correspondant au montant de l’effet de commerce, contre rémunération.
  • Cession Dailly : elle permet d’obtenir une somme d’un montant qui peut être égal à la valeur hors taxes des créances dans le cadre de marchés publics ou de marchés privés. La cession de créance se fait à l’aide d’un bordereau spécifique.
  • Crédit de campagne : il finance des besoins de trésorerie liés à une activité saisonnière (tourisme, agriculture…) à un prix plus avantageux qu’un découvert classique. Le crédit de campagne finance les besoins saisonniers et à court terme. En général, il prend la forme d’un crédit par billet, c’est-à-dire que la banque prête une certaine somme ou avance le montant de billets à ordre émis par l’entreprise en faveur de la banque. La banque est remboursée du prêt ou de l’avance à l’échéance des billets à ordre.

 

À découvrir
FACTUREA Pro Tempo

FACTUREA Pro Tempo est l’une des solutions d’affacturage de la Caisse d’Epargne. Elle est destinée à financer des besoins ponctuels liés à une activité saisonnière ou concerne des entreprises qui ont une faible visibilité sur l’évolution de leur activité. Le financement des créances est effectué sous 24 heures (avec la saisie en ligne de vos factures, sous réserve du respect du contrat). Le portefeuille de créances est assuré en cas de défaillance de clients et Natixis Factor (1) se charge du recouvrement. Cette offre est sans engagement de durée, le client peut résilier avec 2 mois de préavis. Un forfait spécifique est prévu si l’entreprise ne cède pas de chiffre d’affaires. En cas de cession de créances, la première tranche du forfait (jusqu’à 5 000 €) est à 145 € hors taxes par mois.

(1) Natixis Factor : • www.factor.natixis.com• Société anonyme à conseil d’administration au capital de 19 915 600 €. RCS Paris 379 160 070. Siège social : 30, avenue Pierre-Mendès-France, 75013 Paris, France.

À découvrir
FOCUS ASSURANCE

Tout sinistre peut gravement perturber une activité professionnelle, compromettre sa trésorerie, voire menacer son existence. Adaptée aux besoins spécifiques des commerçants et artisans, l’assurance des pertes d’exploitation et de la valeur vénale du fonds de commerce a pour objectif de pallier les difficultés financières engendrées par le sinistre.

À l’intérieur des locaux, les marchandises peuvent être endommagées par un incendie, une explosion, un dégât des eaux, la tempête, la grêle, le poids de la neige sur les toitures, une catastrophe naturelle, un acte de terrorisme, ou à l’occasion d’un cambriolage ou d’une tentative de vol.

Il est important de prévoir une garantie ajustable ou révisable en prévision d’une variation des stocks.

Les marchandises stockées à l’extérieur des locaux peuvent être volées ou incendiées.

  • Garantie vol Elle n’est accordée que selon les moyens de protection utilisés.
  • Garantie incendie

Uniquement si la garantie incendie de l’assurance multirisques s’exerce en dehors des locaux.

Source : FFSA.

À découvrir
Guide du financement
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