Entreprendre au féminin : financement, la clé du succès

SALON MICRO 2014-010

La 3e édition de la Journée Nationale des Femmes entrepreneures organisée par le Salon des micro-entreprises et parrainée par la Caisse d’Epargne, s’est tenue le 1er octobre dernier. Cette année encore, l’événement a été l’occasion pour de nombreuses entrepreneures de découvrir (ou redécouvrir) toutes les aides et les financements existants pour se lancer. Découvrez les témoignages de Martine Journet et Siriphone Phangnanouvong, deux créatrices épanouies pour avoir concrétisé leur projet.

Pourquoi l’entrepreneuriat ?

Martine Journet, créatrice et gérante du magasin de prêt-à-porter Oakland’s : « Avant de me lancer dans la création, j’étais salariée dans le secteur de la vente. Bien qu’épanouie dans mon travail, j’étais néanmoins frustrée de ne pas pouvoir aller au bout des choses. Les années passants, l’envie est née de contribuer au fonctionnement du magasin et de participer à la gestion de l’activité, de A à Z. Suivant cet objectif, j’ai tenté l’aventure entrepreneuriale en 2000, avec pour projet d’ouvrir une boutique spécialisée dans le jeans. »

Siriphone Phangnanouvong, fondatrice et gérante de Fit’n Sport : « Après avoir été formatrice et manager de professeurs en salle de sport, j’ai été coach sportif indépendant durant dix ans. Une expérience enrichissante, qui a ouvert la porte à d’autres ambitions cachées jusqu’alors. C’est ainsi que j’ai décidé d’évoluer et d’ouvrir ma propre salle de sport. Passer d’un statut d’indépendant en micro-entreprise à celui de gérante de SARL qui ouvre une salle de sport, ça n’avait rien à voir ! »

A quels écueils avez-vous dû faire face ?

Martine Journet : « Les débuts ont été difficiles : mauvais choix d’emplacement, difficulté à convaincre les banques, etc. Pour toutes ces raisons, le projet initial n’a pas abouti et ce n’est finalement que 11 ans plus tard, suite à un licenciement économique, que j’ai réitéré l’expérience, avec succès cette fois. »

SALON MICRO 2014-015
Martine Journet, créatrice et gérante du magasin de prêt-à-porter Oakland’s

Siriphone Phangnanouvong : « L’aspect administratif du projet a été extrêmement lourd à gérer. J’ai eu par exemple beaucoup de mal à obtenir l’autorisation d’ouverture de la part des pompiers ; la salle de sport étant un établissement recevant du public (ERP), il fallait en effet répondre à plusieurs normes, notamment d’accessibilité. Des déconvenues qui m’ont contrainte à repousser de six mois l’ouverture des lieux. »

Justement, quels financements avez-vous mis en place et avec quel organisme ?

Martine Journet : « Je ne disposais que d’un faible apport personnel et craignais à ce titre de ne pas réussir à obtenir de financement suffisant pour mettre en œuvre mon projet. Or, grâce à l’accompagnement et au soutien de la part de la Chambre de commerce et d’industrie de ma région – laquelle m’a d’ailleurs accordé un prêt d’honneur de 5 000 € –, j’ai obtenu dans le cadre de Parcours Confiance de la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes un microcrédit de 22 000 €. »

Siriphone Phangnanouvong : « J’ai moi-même cumulé plusieurs sources : un prêt d’honneur obtenu via le réseau Initiative France, un prêt de la Caisse d’Epargne, garanti par le Fonds de Garantie à l’Initiative des Femmes (FGIF) ainsi que par France Active Garantie (FAG). Entre l’apport personnel, le crédit classique ou encore le soutien financier possible de la part de structures spécialisées, je me suis rendu compte que la levée de fonds est une construction brique par brique et, dans ce contexte, l’accompagnement mis en place par les réseaux est très précieux car il a un effet levier pour convaincre les banques. »

Quel bilan tirez-vous de cette expérience et quels conseils donneriez-vous aux femmes qui souhaiteraient suivre votre exemple ?

Martine Journet : « En tant que femme, j’ai parfois eu l’impression d’être moins prise au sérieux, comme si le sexe influait sur la pertinence du projet ! Mon âge ou encore le faible montant de mon apport personnel ont également été des barrières à lever. Heureusement, la CCI et la Caisse d’Epargne ne se sont pas arrêtées à ces critères subjectifs et je les en remercie. De même, j’ai pu compter sur une vraie solidarité entre créatrices. Le partage d’expériences entre entrepreneurs m’a été extrêmement profitable. Mon conseil ? Quand on veut quelque chose, il faut s’en donner les moyens. Il ne faut pas avoir peur de se lancer, de frapper à toutes les portes et surtout ne pas rester sur un échec. »

Siriphone Phangnanouvong : « Créer nécessite d’être investie à 100 %. Mais tout impliquée que l’on soit, on ne maîtrise pas forcément tous les rouages de l’entrepreneuriat. Pour éviter les déconvenues, j’ai donc choisi de faire appel à des experts pour me guider dans ma démarche. Si mon projet a abouti, c’est en très grande partie grâce à l’accompagnement du Base, Bureau d’aide et des services aux entreprises de ma ville, qui m’a suivie tout au long de mon parcours de création. Mon conseil ? Se faire accompagner oui, mais attention : ne pas confondre accompagnement et prise en charge globale. Pour réussir, il ne faut pas ménager ses efforts ; l’engagement personnel doit être maximal ! »

 

Le FGIF – Fonds de Garantie à l’Initiative des Femmes – est un dispositif visant à favoriser l’accès des femmes aux crédits bancaires. Le FGIF est destiné à toute femme qui souhaite créer, reprendre ou développer une entreprise, quel que soit le secteur d’activité et quel que soit le statut de l’entreprise envisagé. Le FGIF intervient sur des prêts de 5 000 € minimum. Jusqu’à 38 112 € de prêt, l’intervention maximale du FGIF est de 70 %. Au-delà de ce montant de prêt, la garantie maximale du FGIF est limitée à 27 000 €. La durée des prêts garantis doit être comprise entre 2 et 7 ans. Pour en savoir plus sur ce dispositif, cliquez ici.

Le FAG – France Active Garantie – a pour objectif de faciliter l’accès des créateurs d’entreprise demandeurs d’emploi, des structures d’insertion par l’activité économique ou encore des entreprises solidaires aux crédits. Il n’y a pas de montant de prêt minimum ou maximum. En revanche, la durée de remboursement ne peut excéder 5 ans. Pour en savoir plus sur le FAG, cliquez ici.

Le prêt d’honneur est à destination de tous les porteurs d’un projet de création ou de reprise et des dirigeants d’entreprises de moins de 3 ans. Son montant s’étale de 2 000 € à 50 000 € et varie selon les réseaux – parmi lesquels Initiative France, France Active ou encore Réseau Entreprendre –, de même pour le taux et la durée de remboursement. En renforçant les fonds propres de l’entreprise, le prêt d’honneur agit comme un levier auprès des banques pour obtenir un financement complémentaire.

A lire également, Création d’entreprise au féminin : quels financements ? 

A lire également, Entrepreneuriat féminin : la Caisse d’Epargne s’engage

 

Crédit photos : Jean Chiscano

Vos réactions
Réagir