Création d’entreprise au féminin : quels financements ?

A l’initiative de la Fédération nationale des Caisse d’Epargne (FNCE), la conférence « Entreprendre au féminin, le financement facteur clé de réussite » a fait salle comble au salon des micro-entreprises le 2 octobre dernier. Ainsi que Patrice Cros, directeur de la communication de la FNCE, l’a rappelé, le Baromètre des femmes entrepreneures a montré que les banques financent sans distinction les créatrices et les créateurs d’entreprise. Alors pourquoi une telle conférence ? La création au féminin reste encore minoritaire, seulement 35 % des projets portés. Différents dispositifs s’offrent donc aux entrepreneures pour faciliter leur parcours.

Une palette complémentaire de partenaires et de financements

En témoigne Virginie Andrysiak qui a lancé le site Unique exemplaire commercialisant des bijoux de créateurs. Dès le début de son parcours, cette créatrice d’entreprise a ressenti le besoin de ne pas rester seule et de chercher de l’aide auprès d’un cabinet conseil pour bâtir son plan de financement et son business plan. Elle a ensuite confronté son projet à des regards experts, ceux d’Hauts-de-Seine Initiative du réseau d’accompagnement Initiative France, qui lui ont octroyé un prêt d’honneur, un prêt Nacre et une garantie FGIF (voir ci-dessous) accolés à un prêt bancaire. « L’obtention des prêts et du cautionnement ont représenté à mes yeux la confiance des experts dans mon projet, un gage de réussite pour l’avenir ! ». Un parcours qui souligne l’importance du lien entre les différentes structures locales dont les interventions autour de la créatrice se complètent, toutes n’étant pas en mesure de mobiliser l’ensemble des solutions de financement.

Deux prêts sans intérêt ni garantie : le prêt d’honneur et le prêt Nacre

Blandine Bierre, du réseau Initiative France, réseau d’accompagnement et de financement de la création et de la reprise d’entreprise, a présenté le prêt d’honneur : « Il s’agit d’un prêt sans intérêt consenti à la créatrice sans caution ni garantie personnelle. Il a vocation à constituer les fonds propres de l’entreprise et donc l’apport personnel de l’entrepreneure. D’un montant de 5 à 20 000 euros selon le projet, il sera toujours couplé avec un prêt bancaire sur lequel il produit un effet levier. Généralement 1 euro prêté par la plate-forme Initiative permet de lever 8 euros auprès de la banque. Le prêt d’honneur est accordé à la suite d’un comité d’agrément constitué de chefs d’entreprise, d’experts-comptables et de banquiers. Le remboursement s’effectue dans les 3 à 5 ans qui suivent. Un second prêt d’honneur, le prêt croissance, peut financer le développement de l’entreprise jusqu’à sa 7e année.

Quant au parcours Nacre, nouvel accompagnement à la création-reprise d’entreprise, il s’adresse prioritairement aux demandeurs d’emploi. Jean-Dominique Bernardini, du réseau France Active, précise : « Il s’agit d’un accompagnement sur 3 ans avec une aide au montage du projet, puis au financement avec le prêt Nacre, d’un montant de 1000 à 10 000 euros en fonction du dossier, sans garantie ni intérêt, qui est obligatoirement complété par un prêt bancaire, enfin un suivi post-création sur trois ans. De plus, ce suivi est totalement gratuit. »

Le Fonds de garantie à l’initiative des Femmes

Fonds d’état géré par France Active et mis en œuvre à la fois par France Active et Initiative France, la garantie FGIF a pour objectif de faciliter l’accès au crédit bancaire. Elle pallie l’absence de garantie pour les femmes qui n’en ont pas et protège le patrimoine de la créatrice car il ne lui sera pas demandé de caution solidaire. Limitée à 27 000 euros, son coût est de 2,5 % du montant garanti. L’incubateur, une structure qui donne des ailes à la créatrice S’il suffisait d’un chiffre pour prouver l’intérêt de rentrer dans un incubateur ce serait celui-ci : « 88 % des projets que nous accompagnons sont pérennes à trois ans », déclare Hélène Cataix, déléguée générale de Fédération Pionnières, un réseau d’incubateurs d’entreprises innovantes dédié aux femmes. Dans ces structures où l’émulation entre créatrices est forte, les entrepreneures peuvent bénéficier d’une écoute, de conseils techniques, d’une aide au montage du projet jusqu’au business plan et à sa validation par un groupe d’experts. Un accompagnement qui peut durer jusqu’à 24 mois en fonction des besoins de chacune.

Et l’un des intervenants de conclure, « Une banque qui étudie un projet de création sera plus en confiance s’il a été “labellisé“ par un collège d’experts, si l’entrepreneur(e) a été accompagné(e). » Accompagnement et financement, deux bases solides pour mener à bien son projet de création d’entreprise et le pérenniser !

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