Bénéfices et contraintes de l’entrepreneuriat en réseau #1

Indépendant à 100 % ou membre d’un réseau, voilà le choix qui s’offre au créateur d’entreprise. Un arbitrage à réaliser entre liberté sans filet et autonomie encadrée. Quelques éléments pour se décider.

Entreprendre seul ou en réseau ?

IMPLICATIONS… Devenir son propre patron, un rêve que caressent 25 % des Français d’après le baromètre Ifop 2010 sur la création d’entreprise. Les motivations sont légions : travailler pour soi sans devoir rendre de comptes à une hiérarchie pesante, redonner un coup de fouet à une carrière qui piétine, créer son propre emploi suite à un licenciement. La perspective de maîtriser son destin a de quoi séduire tout porteur de projet, mais celui-ci ne doit pas perdre de vue que l’indépendance a un prix. D’abord, une somme de travail colossal. L’entrepreneur doit être sur tous les fronts. Il assure la gestion, le commercial, le marketing, les ressources humaines. Adieu week-end, au moins les premiers mois. Ensuite, une rémunération faible. Généralement, il ne se paie pas la première année. Parfois la deuxième non plus.

… ET RISQUES L’entrepreneur n’est pas non plus à l’abri d’une défaillance. En la matière, les chiffres sont cruels : près de la moitié des entreprises ne passent pas le cap des cinq ans. Dans ce contexte, la formule de la franchise ou du commerce associé prend tout son sens. Elle permet en effet de diminuer considérablement le risque de faillite. Après cinq ans d’existence, seule une unité franchisée sur cinq met la clé sous la porte. Aussi des milliers de Français ont-ils choisi cette forme d’entrepreneuriat pour devenir leur propre patron tout en bénéficiant d’un cadre sécurisé.

La franchise, un engagement à peser

UN CONCEPT CLÉS EN MAIN La franchise séduit d’abord parce qu’elle dispense d’avoir « la » bonne idée qui fera mouche auprès des consommateurs. En choisissant une enseigne qui a pignon sur rue, le créateur bénéficie d’emblée de la notoriété du réseau. Il se voit également livrer un concept clés en main : des biens ou services qui ont fait leurs preuves et des méthodes commerciales rodées. Tout le travail de recherche d’un business model viable a été réalisé en amont par le franchiseur. Il sera aussi de la responsabilité de la tête de réseau de faire évoluer le concept au gré de nouvelles tendances de consommation pour assurer la pérennité de l’enseigne. Du coup, il ne sera pas tant demandé au franchisé des connaissances techniques que des compétences managériales et commerciales. Un ancien cadre pourra indistinctement lancer une franchise Monceau Fleurs, Quick ou Ada. « Plus des deux tiers des franchisés sont d’anciens salariés du privé », note Agnès Bricard, présidente du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables (Cosec). « Et 40 % sont des femmes, pourcentage très fortement supérieur à la proportion de femmes chefs d’entreprise en France. »

UN RÉEL APPORT DE SAVOIR-FAIRE Autre avantage de la franchise, l’accompagnement des porteurs de projet. Les enseignes les aident à élaborer leur business plan, trouver un local et décrocher des prêts. Les futurs entrepreneurs bénéficient aussi d’une formation initiale, plus ou moins poussée selon les réseaux. Ils y complètent leurs connaissances en entrepreneuriat, se familiarisent avec le concept et s’initient aux méthodes commerciales de l’enseigne. Des cours théoriques doublés généralement d’un stage sur le terrain. Et lors de l’ouverture du point de vente, un animateur réseau donne un coup de main au franchisé, puis assure un suivi. Néanmoins, toutes les enseignes ne remplissent pas leur devoir d’accompagnement. Certains franchiseurs n’engagent pas les moyens techniques et humains nécessaires au soutien des franchisés. Et ce malgré le droit d’entrée et les royalties dont doit s’acquitter tout nouveau membre. Le porteur de projet doit donc être vigilant à l’heure de choisir l’enseigne. Miser sur la mauvaise enseigne peut être lourd de conséquences : l’investissement initial s’échelonne entre 15 000 et 1,5 million d’euros, en fonction du secteur d’activité et des réseaux. Un entrepreneur indépendant, lui, ne met en moyenne que 8 000 euros sur la table pour démarrer. En clair, il a plus de risqué d’échouer en solo, mais l’enjeu financier est moindre.

 

La reprise d'enreprise, un enjeu majeur pour l'avenir27.08.2012

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