Entreprendre en réseau : une famille qui allie franchise et groupement

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La holding Agilhor regroupe des établissements indépendants, des hôtels en groupement ainsi qu’un restaurant franchisé. Une formule mixte dans laquelle la famille Lavergne trouve son équilibre.

Indépendance

Chez les Lavergne, l’hôtellerie est une affaire de famille. Il y a Jean, le père, et ses deux fils, Jérôme et Laurent, travaillant de concert au sein d’Agilhor, une petite holding regroupant huit établissements. Cette société d’investissement, c’est Jean qui l’a montée à la force du poignet. D’abord col bleu dans les usines Citroën du quai de Javel à Paris, il met un premier pied dans la profession en enfilant un tablier de garçon de café. En 1977, il rachète le café et le fait prospérer. Il se dirige ensuite vers l’hôtellerie en acquérant un établissement au bord de la faillite. « Je ne connaissais rien au métier d’hôtelier, se rappelle Jean Lavergne. Je suis entré dans une coopérative Inter-Hôtel pour me familiariser avec le milieu, être en contact avec des gens de la profession. » Une organisation qu’il ne quittera plus. En 1992, il se porte volontaire pour organiser les 25 ans du groupement. Il y gagne ses galons auprès de ses collègues. On lui propose d’entrer au conseil d’administration. Il décline. « Je suis un autodidacte. Je manque d’instruction », se défend-il.

Présidence

Il finit par céder en 1997 et se voit propulsé à la tête du directoire du groupement. Loin de s’enfermer dans sa tour d’argent, le président œuvre au développement d’Inter-hôtel qui, après avoir fédéré les enseignes Petit Dej’ hôtel, Qualis hôtel et Relais du silence, deviendra la Société Européenne d’Hôtellerie (SEH), réseau de 540 établissements. Une tâche titanesque à laquelle il se dédie avec l’aide d’une équipe d’une cinquantaine de salariés. « J’aime les hommes et les femmes. La coopérative est un modèle dans lequel les relations humaines sont très fortes. » Son credo : fédérer les énergies et apporter du business aux adhérents tout en respectant leur indépendance. « Il faut être en mouvement perpétuel, apporter des idées. Nous sommes aujourd’hui 540. Il est devenu impossible d’avoir des relations fortes avec tous. Je suis donc en train de créer un réseau d’ambassadeurs régionaux qui rassembleront les adhérents au niveau régional. » Parallèlement, il cogite pour créer un fonds d’aide à la création d’entreprise et pour créer une école de formation.

Franchise

Des activités multiples qui lui laissent peu de temps pour s’occuper de la holding. Ce sont donc ses deux fils qui s’occupent du business familial. Le benjamin, Jérôme, supervise tous les établissements, dont quatre appartiennent à la SEH. Professionnelle de l’hôtellerie, la famille est moins à l’aise avec la restauration. Elle a donc choisi de s’adosser à une enseigne de franchise pour le restaurant d’un de ses hôtels, à Aurillac (14). « J’ai opté pour les brasseries Flo, dont j’aime l’esprit parisien », explique Jean Lavergne. Avantages : une enseigne prestigieuse, un concept livré clé en main, un menu dressé à l’avance et une aide au démarrage. Inconvénients : des opérations commerciales peu adaptées à la cible locale. « Faire une animation sur le jambon ibérique en plein été est peu opportun pour nous car les touristes veulent manger des spécialités régionales », souligne Jérôme Lavergne. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « La rentabilité n’est pas très bonne, reconnaît Jean Lavergne. Mais la marque est très porteuse. Il est certain qu’une partie de la clientèle descend dans notre hôtel car il abrite une brasserie Flo. » Au sein de la famille, c’est Jérôme qui porte la casquette du franchisé. Lors des réunions bi-annuelles qui réunissent les membres du réseau, il ne manque pas de s’entretenir avec ses homologues. « Il est important de se retrouver entre responsables. Nous rencontrons les mêmes problématiques », note-t-il. Jérôme aimerait voir la mise en place d’une carte de fidélité. « Mais l’enseigne prend lentement ses décisions. Il est plus facile de s’impliquer dans un groupement et de faire bouger les choses. »

Echos de la Franchise

9 mars 2012

Auteur : Ophélie Colas des Francs

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